Des expositions universelles aux expositions coloniales [1]
Lors d’une entrée triomphale à Rouen en 1550, Henri II et son épouse Catherine de Médicis assistent à un spectacle reconstituant la vie quotidienne des Tupinamba du Brésil. Produits exotiques, animaux, paysages typiques et « cinquante naturels sauvages, fraîchement apportés du pays » par les marchands français installés sur place s’offrent à l’assistance émerveillée. La manifestation marque les esprits et suscite bien des commentaires. Ainsi, l’humaniste Montaigne, après avoir assisté en 1562 à une ambassade d’Indiens, s’interroge-t-il sur ces hôtes « ignorant combien coûtera un jour à leur repos et à leur bonheur la connaissance des corruptions de deçà, et que de ce commerce naîtra leur ruine ».